
Le panda, diplomate malgré lui
Du cadeau impérial au prêt scientifique : petite histoire politique du plus célèbre habitant du Sichuan.
Le grand panda (大熊猫, dàxióngmāo — littéralement « grand ours-chat ») ne vit à l'état sauvage que dans quelques massifs de bambous, principalement au Sichuan. C'est un animal rare, myope, célibataire endurci — et l'un des instruments diplomatiques les plus efficaces du XXe siècle.
Une tradition ancienne
La « diplomatie du panda » ne date pas de la République populaire : la tradition rapporte que l'impératrice Wu Zetian offrit déjà deux pandas à la cour du Japon au VIIe siècle. L'animal cochait toutes les cases du cadeau d'État : rare, inoffensif, impossible à se procurer autrement.
1972, l'année du panda
Quelques semaines après la visite de Nixon à Pékin, deux pandas — Ling-Ling et Hsing-Hsing — arrivent au zoo de Washington. Vingt mille visiteurs le premier jour. Londres, Paris et Tokyo recevront les leurs : dans les années 1970, offrir un panda, c'est signifier au monde qu'une relation est devenue stratégique.
Aucun traité ne photographie aussi bien qu'un panda qui mange du bambou.
Du cadeau au prêt
Depuis 1984, la Chine ne donne plus ses pandas : elle les prête, autour d'un million de dollars par an et par couple, fonds officiellement affectés à la conservation. Tout panda né à l'étranger reste propriété chinoise et rentre au pays avant ses quatre ans. Le geste a changé de nature : ce n'est plus un cadeau, c'est un contrat — renouvelé ou non selon l'état de la relation. Les zoos concernés le savent parfaitement.
Et l'animal, dans tout ça ?
La bonne nouvelle : le panda est passé de « en danger » à « vulnérable » en 2016, avec environ 1 900 individus sauvages et un réseau de réserves au Sichuan. La star involontaire de la diplomatie aura au moins financé sa propre survie.
Les caractères à retenir
- 大熊猫 — dàxióngmāo — le grand panda (« grand ours-chat »)
- 熊 — xióng — l'ours
- 猫 — māo — le chat (HSK 1)
- 竹子 — zhúzi — le bambou